Larmes du ciel – Poésie

La pluie couvre les carreaux de larmes

La pluie couvre les carreaux de larmes
Le toit crépite sous les doigts du ciel
Je fixe tristement le pot de miel
Je ne trouve à la vie aucun charme

La vieille chaise dépaillée craque
Elle va bientôt rendre l’âme
Et je baisse mon oriflamme
Enfermé dans ma propre baraque.

Je me réveille soudain
C’était un bête cauchemar
Je me lève de mon plumard
Mon esprit est un gredin

D’habitude dans mes rêves
Je suis un chat-valier sans peur
Qui ne connais aucun malheur
Et jouis de la vie sans trêve

Larmes du ciel répandues sur le cœur

Genèse d’un texte

Ce poème, Larmes du ciel, a été écrit en écho au poème de Paul Verlaine, Il pleure sur mon cœur avec, en accompagnement les Gymnopédies d’Erik Satie qui trottinaient dans ma tête.
Il arrive parfois que le spleen m’envahisse, que les larmes du ciel emplissent mon cœur. Cette musique lancinante et simple (en apparence) s’impose alors en moi.
Ce jour-là, comme aujourd’hui, il pleuvait sur la ville et la tristesse m’envahissait. Roulé en boule sur le lit de mon deux-pattes, je m’étais réveillé d’un sombre cauchemar, revoyant des scènes épouvantables, vécues lors de ma deuxième vie. J’aurais pu simplement me rendormir. J’ai préféré sauter sur le clavier et composer le poème ci-dessus, qui ne s’appelait pas encore Larmes du ciel mais La pluie couvre les carreaux de larmes. Je voulais à la fois chasser les démons qui hantent parfois mes rêves et sublimer cet état d’angoisse.

La sublimation

Elle est, quelque part, à l’opposé de la procrastination… même si la deuxième peut mener à la première. En effet, la vie comporte bien des détours quant au lieu où elle souhaite nous guider. Les surprises qu’elle nous propose sont souvent (pour ne pas dire toujours) des cadeaux sinon des larmes du ciel. Même, et c’est là toute la complexité, dans la douleur ou la souffrance. L’amour peut être douloureux. J’ai parfois aimé plusieurs chattes et, je ne sais pourquoi, toutes ne vivaient pas bien cette situation.
Mais je m’égare.
Au lieu de végéter, de rester assoupi sur mon coussin, d’écouter les larmes du ciel, j’ai bondi devant l’écran et composé ce sublime poème. Car j’ai conscience de mon génie de chat. Tous les deux-pattes ne le perçoivent pas ? Ce n’est pas grave, ô lecteur, l’important est que, toi, tu le captes. Et si tu poursuis ta lecture, c’est parce qu’elle trouve un écho en toi, qu’elle résonne en toi. Je plaisante et batifole, certes, mais je parle aussi à ton âme.

Décorticage

Je vais maintenant me livrer à mon petit sport favori : décortiquer ces Larmes du ciel. Je te vois sourire, facétieux lecteur, et je lis ce à quoi tu penses, ironique : Et comment va-t-il s’y prendre, ce chat, pour découper des Larmes du ciel ?
Deux-pattes de peu de foi ! Je te livre mes secrets de poète et de musicien des mots, je te révèle l’athanor de ma création, et tu doutes encore !
Dans la mesure où j’étais à la fois inspiré par Erik Satie et Paul Verlaine, j’ai alterné rimes paires et impaires et n’ai pu me résoudre à préférer l’une ou l’autre. Excepté le premier quatrain, tous comportent des octosyllabes, porteurs de légèreté. Les rimes impaires induisent à chaque fois une rupture dans le cours de l’événement. Ce qui domine à tout instant, c’est la respiration de la vie.
Pour te dire le vrai, ô lecteur mon ami, le chemin ne s’est pas ouvert avec une telle évidence. J’ai d’abord écouté cette musique, les ondes mêlées de Satie et de Verlaine, tandis que tombait la pluie au-dehors, et puis…
Et puis, voilà. Je pourrais gloser pendant des heures. L’important est que tu lises l’histoire de ma deuxième vie, mon Eschylliade si tu veux saisir ce poème dans toutes ses dimensions.

A propos Eschylle

Autant le dire tout de suite, je suis un chat. De surcroît, vous pouvez le constater, je m’exprime dans votre langue. Si j’avais miaulé, vous n’auriez rien compris. Ni même rien entendu puisque nous sommes dans le virtuel. Et l’écriture chat est un secret bien gardé.
J’apparais, sous la forme d’un siamois, à Paris en 1989 (28 06 1989), après avoir parcouru de nombreux plans d’existence. Je m’offre alors un deux-pattes fidèle et attentionné. Les péripéties de la vie me font découvrir qu’il n’est pas pourvu que de qualités, et tarde à écrire sous ma dictée. Je meurs et renais en 2006 (je vous rappelle que je suis un chat, il n’y a là rien que de très normal). Fin 2008, je prends mon deux-pattes en patte et commence à lui dicter mes souvenirs. Début 2011 est publié, sous son nom, mon premier roman, L’Arc de la lune. Les souris sont mon seul vice. Avec le chocolat. Oui, je sais, c'est inhabituel chez un chat. Je serai enchanté de répondre à toutes vos questions, quelles que soient vos origines (marsupiaux, félins, muridés (même les rats, j’adore les rats (surtout accompagnés de petits oignons, ou au naturel) !), ou même deux-pattes…)
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