Amalia de Ventadour – L’Eschylliade -1-6-1

Amalia de Ventadour

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Présentation de cette publication – Amalia de Ventadour

Cet épisode, Amalia de Ventadour, est la suite de La lune était pleine. Il présente l’état du monde de Belmilor, tel que je le découvris ce jour-là (je n’étais alors qu’un jeune chat). La châtelaine, Amalia de Ventadour, évoque un grand seigneur du puissant voisin du Haut Royaume de Lear : l’Empire Brun. Je n’avais pas fini d’en entendre parler.

Petit rappel

Dans l’épisode précédent La lune était pleine, j’ai relaté le coup de théâtre survenu à la fin de la cérémonie qui m’avait vu devenir le compère de Bélerin. Nous aurions pu vivre heureux et paisibles, mais le sort en décida autrement. La châtelaine Amalia de Ventadour avait su calmer la malheureuse mère. Comment allait-elle réagir, en l’absence de son mari, parti mystérieusement quelques semaines plus tôt ?

Souvenirs

Je ne devrais pas te le raconter, ami lecteur, mais Bélerin connaissait bien Amalia de Ventadour. Il avait eu l’occasion de goûter à ses somptueuses tartes aux cerises ou au mûres… ou aux myrtilles. Il la connaissait car il était devenu l’ami de son fils, Tolga, qu’il avait sauvé au cours d’une journée mystérieuse. Si tu t’inscris à La newsletter « Écrire du rêve », tu recevras la nouvelle qui relate cet événement.

Un peu d’histoire du monde de Belmilor – chapitre 6
(début : Amalia de Ventadour)

L’aubergiste astiquait son comptoir. Nous étions rassemblés, les cinq compagnons et moi-même, dans la salle principale de la Pie Assoupie avec Armand du Gué Quint, le meunier du village, et la châtelaine, Amalia de Ventadour.
— Nos protecteurs habituels, disait-elle, une section de forestiers gobelins, patrouillent dans le nord des Marches depuis plusieurs semaines. Les enfants ont commencé à disparaître après leur départ. Tous les témoignages rapportent qu’ils sont enlevés par des petites gens…
— Quels témoignages ? coupa Bélerin
— Des habitants du village ou des voyageurs…
Elle fixa ses mains serrées l’une contre l’autre. Amalia de Ventadour portait la bague avec le sceau de sa fonction. Elle ne cessait de triturer nerveusement ce blason.
— Le témoignage le plus accablant nous a été fourni par un seigneur étranger de passage dans la région, le comte Guthard Volkanic. C’est après que les langues se sont déliées.
— Ma Dame, intervint le meunier, mon propre frère a vu certains de ces minus s’enfuir alors qu’il chassait en forêt.
Amalia de Ventadour le regarda en hochant la tête.
— Je sais, mon ami.
— Et le comte est un ambassadeur, un grand personnage !
— Oui. Il est ambassadeur de l’Empire Brun…
— Et si des gens s’enfuient devant un homme aussi honnête que mon frère, c’est qu’ils n’ont pas la conscience tranquille.
La châtelaine se tourna alors vers les cinq compagnons.
— Accepteriez-vous d’explorer la région afin de retrouver les enfants disparus ? Je vous rétribuerai sur mes fonds propres.
Les compagnons acceptèrent. Amalia de Ventadour et le meunier s’en furent.

Romilor éclata la première :
— C’est quoi, ce raciste, avec ses sous-entendus perfides ? Il va bientôt accuser mes parents d’avoir enlevé des enfants !
Bélerin posa une main apaisante sur son épaule. Nous n’étions pas seuls dans l’auberge. Le tenancier, un humain de belle taille, à la barbe aussi drue que les cheveux, sanglé dans un tablier de cuir, récurait une chope avec application.
— Il sera intéressant de savoir qui est ce Guthard Volkanic.

J’assistais à toute la conversation, bien droit, les oreilles dressées, assis sur mon arrière-train, la queue sagement enroulée autour de mes pattes. Je fixais mon maître. Quelque chose, en lui, m’attirait irrésistiblement.
— Pourquoi semblez-vous mettre en doute le témoignage de cet homme, Maître ?

La question fusa dans ma tête, spontanée tant elle me brûlait l’esprit. Je compris dans l’instant que son destinataire l’avait perçue. L’elfe noir sourit et répondit à voix haute.
— Mon compère daigne enfin me poser une question. Je suis flatté.
Les quatre autres éclatèrent de rire. Il me fit un large sourire, s’approcha, posa la main sur mon crâne et commença de me grattouiller doucement derrière les oreilles.
— Il est normal que tu veuilles comprendre. En devenant mon compère, tu acquiers le meilleur de mes sens, mais tu n’hérites pas de ma mémoire. Tu garderas toujours les souvenirs de ton enfance de chat.
Je ne pus m’empêcher de commenter mentalement.
— Elle a été courte.
— Pardonne-moi de t’avoir arraché à un chemin de vie plus clément ou, du moins, certainement plus paisible, mais je puis t’assurer que je prendrai soin de toi comme de moi-même.
Je n’ajoutai rien. Je n’allais pas lui avouer que cet événement n’avait été que bénéfique pour moi et qu’il était tombé pile poil au moment opportun.
— Mon destin était de nous lier l’un à l’autre et le meilleur moment était hier soir. Je savais que c’était au village que je te rencontrerais. Je n’avais pas prévu que nous devrions aussi rapidement nous mettre en chasse…
— En chasse ?
J’étais éberlué d’entendre de tels propos dans la bouche d’un deux-pattes.

— Nous sommes engagés dans un moment où l’histoire s’emballe.
Mon maître s’installa plus confortablement, me prit sur ses genoux, et continua ses grattouillis. Je ne savais pas si ce qu’il voulait me dire allait être agréable, mais sa manière de faire l’était. Je l’écoutais avec attention et volupté.
— Nous vivons au sein du Haut-Royaume de Lear, où les consciences vivent en bonne harmonie. Je nomme « consciences » ce que d’autres appellent les « races ». Notre puissant voisin, l’Empire Brun, était autrefois, comme l’Empire des Crocs, un agglomérat de principautés, duchés, comtés, et autres domaines seigneuriaux. Ils vivaient entre guerres et commerces, mais ne représentaient pas un danger pour notre Royaume. Il y a une quinzaine d’années, un individu est apparu, qui se disait porteur d’une nouvelle parole, une parole qui allait leur donner la puissance. Il les a unifiés et s’est proclamé empereur.

(À suivre)

Lire le feuilleton de L’Eschylliade

Par où commencer ?

Si tu découvres par hasard, ô lecteur deux-pattes, cet épisode, Amalia de Ventadour, première partie du chapitre 6 de Ne pas se fier aux apparences, premier tome de mon Eschylliade, je te conseille de reprendre ta lecture au début, de commencer par le premier chapitre. Cela peut paraître évident, et c’est un peu la tradition suivie par la plupart des lecteurs, mais nous vivons une époque nouvelle dans la pratique de la lecture. C’est toi qui la réinventes. Sur ce Carnet de bord, tu es le pilote. Un clic et tout disparaît, un autre et tout apparaît. Le virtuel provoque l’illusion d’une magie moderne.

Retour sur cet épisode : le point de vue

Tu as pu le constater, Amalia de Ventadour, la châtelaine, malgré le sang-froid dont elle a fait preuve dans l’épisode précédent, se montre très nerveuse dans celui-ci. Elle se repose beaucoup sur le meunier, personnage important de la seigneurie. Mais son point de vue est différent du sien, plus tempéré. Celui de Romilor est beaucoup plus tranché. Quant à mon maître (oui, je l’appelais ainsi, dans le sens déjà expliqué dans le premier chapitre), il se réfère sans cesse à sa conscience. Quel point de vue suivre, celui d’Amalia de Ventadour ou l’un des autres ?

Une table des matières

Tu as aussi la possibilité, ami lecteur, de te référer à la table des matières de l’Eschylliade qui, avant cet épisode, Amalia de Ventadour, renvoie à tous les chapitres déjà parus sur ce carnet de bord.
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A propos Eschylle

Autant le dire tout de suite, je suis un chat. De surcroît, vous pouvez le constater, je m’exprime dans votre langue. Si j’avais miaulé, vous n’auriez rien compris. Ni même rien entendu puisque nous sommes dans le virtuel. Et l’écriture chat est un secret bien gardé.
J’apparais, sous la forme d’un siamois, à Paris en 1989 (28 06 1989), après avoir parcouru de nombreux plans d’existence. Je m’offre alors un deux-pattes fidèle et attentionné. Les péripéties de la vie me font découvrir qu’il n’est pas pourvu que de qualités, et tarde à écrire sous ma dictée. Je meurs et renais en 2006 (je vous rappelle que je suis un chat, il n’y a là rien que de très normal). Fin 2008, je prends mon deux-pattes en patte et commence à lui dicter mes souvenirs. Début 2011 est publié, sous son nom, mon premier roman, L’Arc de la lune. Les souris sont mon seul vice. Avec le chocolat. Oui, je sais, c'est inhabituel chez un chat. Je serai enchanté de répondre à toutes vos questions, quelles que soient vos origines (marsupiaux, félins, muridés (même les rats, j’adore les rats (surtout accompagnés de petits oignons, ou au naturel) !), ou même deux-pattes…)
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2 réponses à Amalia de Ventadour – L’Eschylliade -1-6-1

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