Ma naissance – L’Eschylliade-1-3-1

Introduction

Naissance

Voici Naissance : première partie du troisième chapitre de Ne pas se fier aux apparences.
Si tu n’as lu, ni le deuxième ni le premier chapitre, ami lecteur (et si tu lis ces mots, tu es un ami puisque tu t’es abonné), il te suffit de revenir en arrière. Je te conseille de commencer par le commencement, le premier chapitre, puis de lire les suivants (première et deuxième partie du chapitre 2).

Réinventer le monde

Cela dit, les deux-pattes sont ainsi faits qu’ils aiment parfois picorer à droite et à gauche et recomposer une histoire au hasard plutôt que de démarrer dès sa naissance. C’est ta liberté, ô mon ami, elle t’appartient, et plus que jamais avec ce réseau des réseaux qu’est internet.
Il est aussi possible, si tu ne l’as déjà fait, de commander L’Arc de la lune sur Amazon ou dans la librairie la plus proche de ton domicile.
J’ai appelé cette parution, cet épisode, Naissance car, après t’avoir présenté le village de mon enfance, Kador-sur-Veuve-Joyeuse, puis Bélerin, celui qui devint mon compère pour la vie, il était naturel que j’évoque le personnage principal de L’Eschylliade, c’est-à-dire moi, et que je chante sa naissance, ma naissance. Elle est marquée dans les livres d’histoire de Belmilor. Tu ne la connais pas ? Tous les enfants du Haut-Royaume de Lear la connaisse.

Une invention

Tu aimerais voir se succéder plus rapidement les chapitres ? Deviens bienfaiteur d’artiste par un don supérieur ou égal à 33 € dans la page prévue à cet effet, Don et feuilleton. Tu recevras L’Eschyllien, chaque mois, avec beaucoup d’avance sur les autres lecteurs. Ta participation sera à la fois une aide mais aussi une autre manière d’inventer, de donner naissance à ce monde qui s’ouvre à nous.
Soutenir directement le personnage d’un récit est un procédé révolutionnaire. Cette aide permettra à mon deux-pattes de payer tous les frais engagés dans cette histoire et de rétribuer en partie son investissement à mon service. Cela donnera aussi naissance à une autre manière de toucher le lecteur, et de le relier directement à l’auteur et à son personnage principal, moi en l’occurrence. Cela m’offrira aussi ma ration quotidienne de poisson frais (j’épargnerai ainsi les pauvres souris des greniers avoisinants qui se sauvent dès que j’apparais alors que, parfois, je souhaiterais jouer avec elles).
Par ce procédé, tu deviens, toi, lecteur, l’employeur, le diffuseur, le distributeur et le libraire de mon œuvre. Si quelque chose te turlupine, n’hésite pas à me l’écrire, je te répondrai. J’en suis à mes débuts, j’apprends. Ton retour, ton ressenti m’est nécessaire : mon deux-pattes est un incapable en matière de diffusion et communication. Je compte donc sur toi.
Mais place à L’Eschylliade et à l’histoire de ma naissance :

Ma naissance : Un grand événement

Quand les trois petits revinrent au pays, ils avaient grandi. Ils s’étaient fait des amis qui les accompagnaient. Ils avaient acquis des connaissances que leurs anciens camarades ne pouvaient même pas imaginer. La Veuve-Joyeuse avait coulé sous les ponts de Kador. Le village s’était transformé. Et d’étranges incidents avaient lieu.

Avant de vous relater ces incidents, je dois vous annoncer le grand événement de cette année-là : je suis né.

J’étais, aux dires de feu ma mère, (que le maître matou l’ait en sa sainte garde !) un mignon petit chaton, irrésistible de drôlerie et de maladresse. C’est peut-être la seule raison pour laquelle elle me trouvait amusant. Parce que, pour le reste…
Je suis né neuf mois avant le retour de nos héros. Heureusement, sinon je ne serais pas là. Vous allez comprendre pourquoi.

Quelques mois après ma naissance, je gambadais dans le champ près de ma maison natale, tentais d’attraper quelque oiseau de passage, ou un papillon, ou un quelconque insecte passant à proximité. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point cette période de la vie est merveilleuse. J’en ai gardé un précieux souvenir. Mais je découvris à cette époque que j’avais un énorme handicap.

Ne riez pas : du jour au lendemain, le paradis qu’était ma vie se transforma en enfer.
Je vous parlais précédemment d’oiseau, de papillon ou d’insecte… ma mère les nommait ainsi. J’entendais un vague bruit, un effluve me parvenait, une ombre passait, et je les associais au nom attribué par ma mère. Sentir l’excitation de ma mère me plongeait dans un état euphorique. Quand j’associais mes propres sens avec ce qu’elle nommait, je jubilais.
Lorsqu’elle me parlait d’une « table », par contre, j’étais bien embêté. Je voyais une silhouette verticale se dresser devant moi, ainsi que trois autres, plus diffuses, qui semblaient sortir de la brume, tandis qu’au-dessus flottait une grande forme sombre. Ma mère avait beau me dire de la suivre, de sauter avec elle, que cette « table » était le paradis, que de somptueux délices m’y attendaient, que nos maîtres y oubliaient souvent de la bonne nourriture, qu’il leur arrivait parfois de commettre l’erreur d’y laisser une volaille cuite à point, je ne pouvais me risquer à sauter vers ce vide plein d’ombres.

Mes frères et sœurs se mirent très vite à suivre ma mère quand elle bondissait quelque part et à partir eux-mêmes à l’aventure. Tant que nous trottinions les uns à côté des autres, je pouvais suivre, mais dès qu’il fallait sauter, je m’arrêtais.
Quand on a de nombreux frères et sœurs, on a des préférés. Je ne dérogeais pas à cette règle. J’adorais ma petite sœur. C’était une vraie tête brûlée. Elle fonçait dès qu’il y avait une bêtise à faire. Dans la bagarre, je la soutenais chaque fois. Nous avions appris à combattre ensemble. Quand j’agrippais mon adversaire avec ma gueule, je lui labourais le flanc avec mes pattes arrières, et il ne rigolait plus. Je précise bien « quand j’agrippais », parce que sans leurs odeurs, je n’aurais jamais très bien su comment reconnaître les membres de ma famille, ni les matous des environs. Ma sœur les ralentissait, les obligeait à faire front, et je pouvais me rapprocher, guidé par ses miaulements.
Aucun de nos cris ne se ressemble. Même si pour vous ils font tous « miaou », les siens étaient une caresse, un appel au jeu, un chant de vie. Elle fut mon premier amour.

Un jour, ma sœur poussa un miaulement outragé. Un chat des environs, « N’a-qu’un-œil »,que nous détestions tous, borgne et boiteux, venait de pénétrer sur notre territoire. Au lieu de filer la queue basse, comme il faisait toujours en présence de la famille, il se mit à cracher.
Ce jour-là, j’étais sur le rebord d’une fenêtre à profiter de la bienfaisante chaleur du soleil. Une béatitude absolue avait alangui tous mes muscles. Je somnolais, attentif au son délicat des petits sauts que faisait ma sœur autour d’une souris avec laquelle elle s’amusait avant de la dévorer. Ses bruits rassurants s’interrompirent d’un coup. Elle se mit à feuler. J’entendis un crachat insultant lui répondre. Je connaissais cette brute. Toute seule, ma sœur n’était pas de taille. Il nous fallait combattre ensemble. Je rejetai d’un coup la paresse qui me maintenait à l’état de carpette et bondis sur le sol.
Bon, d’accord, « bondis » est un terme un peu fort : je sautai avec circonspection sur le sol qui se trouvait dans un vague brouillard en dessous de ma position. Depuis que je m’étais foulé une patte en sautant de cette même bordure, je prenais toutes les précautions pour éviter que l’on remarque ma maladresse. J’avais déjà entendu l’un de mes parents chuchoter que j’étais un peu balourd. Je tenais à ma réputation.

(À suivre…)

Quelques remarques

Ma naissance fut un événement pour moi-même, mais aussi pour l’histoire de Belmilor. Il y a un avant et un après ma naissance, en particulier dans le domaine de la magie. Je ne vous en dirai pas plus aujourd’hui, mais ma naissance est une date à considérer avec respect. Vous ne la connaissez pas ? Sur votre terre, ce n’est pas très important. Mais sur le monde de Belmilor, ces chiffre sont devenus sacrés.

La suite ?

Pour lire la suite, il suffit d’aller à la deuxième partie du chapitre 3, afin d’y découvrir le traumatisme qui bouleversa ma vie.

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A propos Eschylle

Autant le dire tout de suite, je suis un chat. De surcroît, vous pouvez le constater, je m’exprime dans votre langue. Si j’avais miaulé, vous n’auriez rien compris. Ni même rien entendu puisque nous sommes dans le virtuel. Et l’écriture chat est un secret bien gardé.
J’apparais, sous la forme d’un siamois, à Paris en 1989 (28 06 1989), après avoir parcouru de nombreux plans d’existence. Je m’offre alors un deux-pattes fidèle et attentionné. Les péripéties de la vie me font découvrir qu’il n’est pas pourvu que de qualités, et tarde à écrire sous ma dictée. Je meurs et renais en 2006 (je vous rappelle que je suis un chat, il n’y a là rien que de très normal). Fin 2008, je prends mon deux-pattes en patte et commence à lui dicter mes souvenirs. Début 2011 est publié, sous son nom, mon premier roman, L’Arc de la lune. Les souris sont mon seul vice. Avec le chocolat. Oui, je sais, c'est inhabituel chez un chat. Je serai enchanté de répondre à toutes vos questions, quelles que soient vos origines (marsupiaux, félins, muridés (même les rats, j’adore les rats (surtout accompagnés de petits oignons, ou au naturel) !), ou même deux-pattes…)
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2 réponses à Ma naissance – L’Eschylliade-1-3-1

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