Kador-sur-Veuve-Joyeuse – L’Eschylliade-1-2-1

Introduction à Kador-sur-Veuve-Joyeuse

Kador-sur-Veuve-Joyeuse est la première partie du deuxième chapitre de Ne pas se fier aux apparences, premier tome de mon Eschylliade.
Pour lire ce nouveau chapitre, dont Kador, petit village situé dans les Marches Pâles, est le centre, il est nécessaire que tu aies lu le premier sur mon site ou dans ce Carnet de bord.
Si, de plus, tu t’es procuré L’Arc de la lune, tu es déjà familiarisé avec l’univers de Belmilor.

2. Une enfance villageoise (Première partie : Kador-sur-Veuve-Joyeuse)

Kador-sur-Veuve-Joyeuse

Comme vous le savez tous, Bélerin est natif du petit village de Kador-sur-Veuve-Joyeuse, du nom de la rivière le traversant. Cette communauté, essentiellement composée de paysans, vivait paisiblement jusqu’à l’éclatement de la grande guerre contre Thirel et l’Empire Brun.
Les hommes passaient leurs journées aux champs, tandis que les femmes entretenaient les maisons, les jardins, les vêtements, et élevaient les enfants. Elles organisaient les fêtes, les repas et tous les événements rythmant la monotonie d’un quotidien souriant et tranquille. C’était la paix.
Comme dans toutes les régions de notre beau royaume, les races vivaient en harmonie : humains, nains, elfes, gnomes, gobelins, orques et petits-hommes se côtoyaient dans la joie et la bonne humeur. On disait petits-hommes ou hobbits, ou halfelins, pour les mâles, et lianes pour les petites-femmes.

Retenez bien ce terme, je l’emploierai souvent quand je parlerai de Romilor. Elle était petite par la taille mais grande par le courage et l’audace.

Le village, à l’époque, n’était pas grand. Kador n’a pas tellement changé. Une trentaine de masures, quelques cabanes, occupent les parcelles ; le château, une grosse bâtisse, surplombe le vallon où serpente la Veuve-Joyeuse. Ce gros ruisseau partage le village en deux. A chaque extrémité, un pont relie les deux rives.
En ce temps-là, deux bandes de gamins s’opposaient. L’une sur la rive est et l’autre sur la rive ouest. Comme la rive est était au pied du château de Kador, ceux-ci se nommaient les « seigneurs ». Comme l’ouest était orientée vers les champs, ceux-là s’appelaient les « hommes libres », filles et garçons confondus.

Cerises et mûres

Au pied du château poussaient des cerisiers, chargeant ses contreforts d’une neige éblouissante et tiède au début du printemps. Le long des champs couraient des arpents de ronces, de mûriers entremêlés, qui déployaient leurs lignes sombres autour des carrés d’or à la fin de l’été.
Autant vous dire que le terme de ces deux saisons était le théâtre de terribles affrontements entre les deux groupes. Chacun défendait son territoire. Il était très mal vu qu’un « seigneur » ose mettre le pied chez les « hommes libres », ou le contraire, en période de nouaison. À peine la première cerise commençait-elle à rosir que les seigneurs organisaient des tours de garde et filtraient les passages sur chaque pont. Quand la première mûre se gonflait de jus savoureux et sucré, les « hommes libres » prenaient leurs bâtons pour rosser tout « seigneur » tentant de franchir la Veuve-Joyeuse.
Les adultes jouaient le jeu. Pour manger des cerises ou des mûres, quand on n’en avait pas chez soi, il fallait payer. Chaque fin de semaine, des paniers de superbes fruits bien juteux étaient présentés sur la place du village. Des enfants les vendaient aux parents de l’autre bord qui les achetaient. Les pièces de cuivre échangées étaient précieusement conservées pour la saison suivante.

À cette époque, deux enfants, un de chaque côté, défrayèrent la chronique de Kador. Pour ma part, je n’étais pas encore né.

Une petite-personne particulière

Il y eut d’abord cette période de l’année, où il fait bon s’étirer dans l’herbe craquante et fraîche, où toutes les fleurs des arbres perdent leurs pétales et que vient la nouaison. À cette époque, les jeunes fruits gonflent leurs chairs pour enchanter nos yeux avant nos papilles.
Une jeune « homme libre », la plus petite du groupe et pour cause car elle était une liane, était devenue leur chef, ce qui faisait beaucoup rire les « seigneurs » – Les « hommes libres » sont aux ordres d’une rase-mottes, disaient-ils – et tous riaient sous cape. Évidemment, les enfants disaient ça entre eux, leurs parents n’auraient jamais toléré un tel langage.
Il n’y a jamais eu de discrimination à l’égard des « petits » dans notre Haut-Royaume de Lear, même dans un village aussi reculé que Kador, à la différence de l’Empire Brun.
Mais ceci est une autre histoire.

Romilor

Elle se nommait Romilor. Eh oui, il s’agit bien de cette liane aux doigts de fée ! Déjà, à l’époque, elle était très douée pour se faufiler discrètement là où on l’attendait le moins, pour écouter la moindre conversation intéressante ou pour découvrir les baies les plus succulentes. Elle avait d’ailleurs un gros défaut, elle était très gourmande. En particulier, elle adorait les cerises.

Un beau matin, les habitants de la rive ouest, sur le pas de leur porte, découvrirent chacun un panier rempli de fruits pourpres et veloutés lançant vers le ciel leurs tiges vertes entrelacées. Le soleil, qui pointait ses premiers rayons par-dessus la colline où était juché le castel, de l’autre côté de la rivière, semblait rire de la scène.
Il y eut bombance sur cette rive. Les noyaux fusaient dans les airs, se croisaient en de gracieuses courbes, et même les vieillards s’en amusaient.
Tous les habitants de Kador, des deux côtés, se posaient la même question : comment avait-il été possible de tromper la vigilance des gardiens ? Les enfants étaient sans pitié entre eux. Aucun n’avait jamais réussi à franchir le pont sans être repéré par le groupe adverse.
A force d’être questionnés par leurs parents, les « hommes libres » finirent par cracher le noyau. Romilor leur avait demandé les paniers qu’elle avait ensuite remplis de cerises.
Convoquée par le conseil du village, la jeune liane avoua tranquillement son forfait et expliqua comment elle s’était glissée discrètement d’une rive à l’autre malgré l’eau glacée, comment elle avait atteint les vergers aux arbres clairsemés, et comment elle avait passé sa nuit à remplir les paniers.
(À suivre)

Une invention

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Je te raconterai des tas d’anecdotes sur Kador, berceau de mon enfance.
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A propos Eschylle

Autant le dire tout de suite, je suis un chat. De surcroît, vous pouvez le constater, je m’exprime dans votre langue. Si j’avais miaulé, vous n’auriez rien compris. Ni même rien entendu puisque nous sommes dans le virtuel. Et l’écriture chat est un secret bien gardé.
J’apparais, sous la forme d’un siamois, à Paris en 1989 (28 06 1989), après avoir parcouru de nombreux plans d’existence. Je m’offre alors un deux-pattes fidèle et attentionné. Les péripéties de la vie me font découvrir qu’il n’est pas pourvu que de qualités, et tarde à écrire sous ma dictée. Je meurs et renais en 2006 (je vous rappelle que je suis un chat, il n’y a là rien que de très normal). Fin 2008, je prends mon deux-pattes en patte et commence à lui dicter mes souvenirs. Début 2011 est publié, sous son nom, mon premier roman, L’Arc de la lune. Les souris sont mon seul vice. Avec le chocolat. Oui, je sais, c'est inhabituel chez un chat. Je serai enchanté de répondre à toutes vos questions, quelles que soient vos origines (marsupiaux, félins, muridés (même les rats, j’adore les rats (surtout accompagnés de petits oignons, ou au naturel) !), ou même deux-pattes…)
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