Paysage fendu

Départ (ou Paysage fendu)

En silence je pense à l’horizon perdu
Ligne tordue
Un voilier glisse sur la houle dévêtue
Triste abattue
Dans son sillage sont quelques bulles têtues
Tout impromptues
Mes pas sur la terre laissent les traces dues
Sous-entendu.

Remarques

Ce texte date de près de trois ans, j’étais alors un jeune chat épris de liberté (j’avais cet âge qui correspond aux vingt ans des deux-pattes). Je contemplais un paysage pour la dernière fois. Je m’essayais à la poésie, cette forme à l’écriture concise dans l’expression d’un ressenti.

Adresse au lecteur

Si tu es débutant dans cette approche de l’écrit, je te propose de noter sa versification :

  • Le rythme : il y a alternance d’alexandrins et de vers de quatre syllabes (comme des répons)
  • Les rimes : chaque vers se termine par le son u ; la première et la dernière finale sont des masculines tandis que toutes les autres sont féminines (e, es, ou ent) ; enfin les trois premières sont singulières quand les trois suivantes sont plurielles.

Pourquoi ces remarques ?

Parce que, une fois qu’un fond est trouvé, il est bon de lui donner une forme et de l’affiner. Quand j’ai écrit ce texte, il y a trois ans, il ne présentait pas la même forme. J’ai joué avec ce qui avait jailli pour le sculpter à l’image de mon désir.
Même si je ne suis pas un mordu de l’équilibre, de la symétrie ou de la ligne de fuite, ces formes se sont imposées naturellement.

Pourquoi ce titre ?

Là encore, je me réfère au Petit Robert 2013. Partie d’un pays que la nature présente à un observateur. définit le substantif « paysage ».

Un rêve

Pourquoi écrire ?

Ce qui pousse à écrire est inné en toute conscience. Ce qui pousse à le partager avec autrui est plus rare. Pourquoi ce désir, chez moi, d’être lu ?
J’aurais pu me contenter de contempler ce paysage au lieu de le décrire.
Il se trouve que, dans ma vie précédente, j’avais acquis d’immenses pouvoirs. Renaître simple chat n’est pas simple. Vous me direz que je ne suis pas n’importe quel chat et je ne vous contredirai pas. Je suis un chat (siamois par surcroît) qui écris et qui suis lu. Je suis exceptionnel dans le paysage terrestre actuel. Cependant, dans le paysage virtuel, il existe d’autres chats. Mais ils n’ont pas vécu un siècle sur le monde de Belmilor.

Partager un rêve, une expérience antérieure

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A propos Eschylle

Autant le dire tout de suite, je suis un chat. De surcroît, vous pouvez le constater, je m’exprime dans votre langue. Si j’avais miaulé, vous n’auriez rien compris. Ni même rien entendu puisque nous sommes dans le virtuel. Et l’écriture chat est un secret bien gardé.
J’apparais, sous la forme d’un siamois, à Paris en 1989 (28 06 1989), après avoir parcouru de nombreux plans d’existence. Je m’offre alors un deux-pattes fidèle et attentionné. Les péripéties de la vie me font découvrir qu’il n’est pas pourvu que de qualités, et tarde à écrire sous ma dictée. Je meurs et renais en 2006 (je vous rappelle que je suis un chat, il n’y a là rien que de très normal). Fin 2008, je prends mon deux-pattes en patte et commence à lui dicter mes souvenirs. Début 2011 est publié, sous son nom, mon premier roman, L’Arc de la lune. Les souris sont mon seul vice. Avec le chocolat. Oui, je sais, c'est inhabituel chez un chat. Je serai enchanté de répondre à toutes vos questions, quelles que soient vos origines (marsupiaux, félins, muridés (même les rats, j’adore les rats (surtout accompagnés de petits oignons, ou au naturel) !), ou même deux-pattes…)
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4 réponses à Paysage fendu

  1. Gwenaelle dit :

    J’ai aimé les vers… sans leur explication.
    La magie reste à jamais obscure…

    Merci.

  2. Bernard dit :

    bonjour Eschylle
    il n’y a aucune rime féminine dans ton texte
    … voici des féminines : hormone, poubelle, rivage, zèbre …
    des masculines : souris, pistil, couleur, ravin
    amicalement
    Bernard

    • Eschylle dit :

      Bonjour Bernard, et merci pour ton commentaire.
      Pas de rimes féminines ?
      Non seulement il y en a mais elles sont majoritaires :
      « tordue, « dévêtue », « abattue », « têtues », « impromptues » et « dues » sont féminines, comme je l’indique dans les remarques qui suivent le texte.
      Une rime n’est pas féminine uniquement quand elle se termine pas la lettre e précédée d’une consonne mais par (ce qui pourrait être) le son E (s’y adjoignent donc les finales en ent et es, comme je l’explique dans mon article sur le « e » muet).
      Voici quelques vers, par exemple, extraits de l’Iphigénie de Racine, dans la fin de l’acte I, dits par Ulysse à Agamemnon :

      (…)Et la perfide Troie abandonnée aux flammes
      Ses peuples dans vos fers, Priam à vos genoux,
      Hélène par vos mains rendue à son époux,
      Voyez de vos vaisseaux les poupes couronnées
      Dans cette même Aulide avec vous retournées,
      Et ce triomphe heureux, qui s’en va devenir
      L’éternel entretien des siècles à venir.

      Ou de Phèdre (Aricie dans la scène 2 de l’acte V) :

      Hélas ! qu’un tel exil, Seigneur, me serait cher !
      Dans quels ravissements, à votre sort liée
      Du reste des mortels je vivrais oubliée !(…)

      Les classiques, comme tu le sais, alternaient rimes féminines et masculines.
      Sont déclinées ci-dessus diverses finales de rimes féminines (« es » (précédé d’une consonne ou d’une voyelle) pour le premier extrait, et « e » (précédé d’une voyelle) dans le second).
      Mais, j’y pense, j’ai présenté sur mon site la définition des rimes féminines et masculines (Je me suis contenté de citer Ronsard dont la définition a le mérite d’être claire).
      Le problème, aujourd’hui, c’est que trainent sur internet de nombreuses définitions imprécises ou même parfois fausses. N’importe qui peut se prétendre spécialiste dans tel ou tel domaine.
      Les livres de chair (si je puis dire) restent une référence solide. Sur internet, quant à la prosodie, la référence deux-pattes est Michel Bernardy et son jeu verbal (qui existe aussi en version papier et dont je te recommande la lecture si ce domaine te passionne).
      Amicalement,
      Eschylle

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