Point de vue par trois sonnets

Trois sonnets de fantasy

I

Un doux héros pensif marchait dans la forêt.
Au pied des troncs puissants il songeait à sa belle
Qui lui était parue, nue, sur une escabelle,
Dans l’or de ses cheveux et coiffée d’un béret.

Soudain, près d’un vieux chêne, il se mit en arrêt :
Notre noble guerrier, plein de son Isabelle,
Découvrit, monstrueux, couvert d’un sac poubelle,
L’ennemi gobelin, ce verdâtre goret.

Sans arme apparemment mais ce bandit perfide
Préparait, c’est certain, massacre de sylphide.
Notre preux chevalier dégaina d’un seul coup,

Face au reptile odieux qui demandait supplique,
Visa la carotide et trancha net le cou.
Comme quoi l’assassin peut être sympathique…

II

Un brave gobelin… Mais oui, cela existe !
Se faufilait, furtif, dans la sombre forêt.
Il s’était égaré, perdu, loin du marais
D’où il était issu. Ce gentil altruiste

Était venu chercher, de baies, toute une liste
Pour l’offrir en soirée à sa belle au béret.
Il était amoureux, en acceptait l’arrêt,
Et désirait goûter ce plaisir égoïste.

Soudain, au pied d’un chêne, apparut un saigneur.
Ce guerrier sanguinaire, avide et batailleur
Dégaina son épée, le découvrant sans arme.

Haut de près de deux mètres, c’était un humain
Qui lui coupa le cou sans que coule une larme.
Dans cet assassinat, qui est donc l’inhumain ?

III

Un béret de velours trônait sur une tête
Aux longs cheveux dorés et sourire gracieux.
Nul n’avait jamais vu tel ange sous les cieux,
Ceux qui la contemplaient avaient le coeur en fête.

Ce couvre-chef coquin donnait son épithète
À cette douce fée au rire délicieux.
Un gentil gobelin, d’un sonnet audacieux,
Avait conquis son cœur par sa douceur parfaite.

Mais vint dans son domaine un chevalier humain
Qui, la voyant si belle, lui offrit sa main.
Pour ne point l’offenser, le bois sombre désigne

Et la tête d’un monstre fier, lui rapporter.
Vous connaissez la suite et c’est le chant d’un cygne.
Comme quoi le chapeau est très dur à porter…

Les raisons d’une triple citation

Pourquoi citer, en plus du plaisir narcissique de prendre référence dans ma littérature de fantasy, ces trois sonnets, cette Trilogie Fantasy (car ainsi l’avais-je nommée en son temps) ?
Je pourrais écrire, sans mentir tout à fait, que c’est pour que tu puisses commenter ces textes que j’ai placés dans mon site-vitrine (Je te conseille, à ce sujet, si tu veux les entendre, de suivre le lien ci-dessus. Tu découvriras ainsi la voix de mon deux-pattes car je l’avais enregistré à son insu de son plein gré au moment où, plein d’admiration pour ma félinitude, il déclamait mes vers).
La vraie raison est de l’ordre de la réflexion littéraire : le point de vue.

Le point de vue

Tu as eu l’occasion de lire, si tu me suis depuis quelques mois, mon article sur le point de vue, ami lecteur. Si tu ne l’as pas encore fait, je te conseille de t’y précipiter, tu y découvriras une foultitude de renseignements, d’informations, et j’oserai dire de révélations. Ces trois sonnets sont une illustration pleine et entière.

Premier point de vue

C’est le point de vue du tueur, du seigneur et saigneur, du paladin, de l’amoureux, bref, du deux-pattes héros de ce premier texte. Je l’ai qualifié sous différents points de vue, comme tu as pu le constater, ô lecteur attentif. Car nous ne définissons pas de la même manière un individu suivant l’approche que nous en avons.

Deuxième point de vue

Celui de la victime, du monstre, du perfide, du vaincu (je te laisse choisir ta propre appellation, lecteur deux-pattes, mon ami) comporte une chute brutale mais dans laquelle intervient une question morale. L’auteur possède sa petite idée mais je te laisse, là encore, le choix (ou presque).

Troisième point de vue

Deux mâles pour une femelle, combat assez classique parmi les deux-pattes (et même chez d’autres espèces, le retard philosophique et moral des deux-pattes n’intervient pas ici, en l’occurrence).
Il eût été tentant de laisser la morale exprimée par cette douce fée, entraînée malgré elle dans un drame deux-pattes. Mais le plaisir de l’écriture m’a offert une autre direction et, en référence au deux-pattes Lamartine et son fameux Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? / Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? (je tiens à rappeler le vers suivant qui n’est pas anodin), j’ai donné la parole à ce béret si présent dans les deux précédents sonnets.
Il exprime le dernier point de vue.

Autres points de vue

Il y a aussi mon point de vue de chat, situé non loin du sol, un peu comme le deux-pattes Toulouse-Lautrec quand il peint des chevaux ou des femmes. La taille offre des angles de vue différents.
Enfin, il y a toi, ô lecteur, qui réinvente à chaque lecture un nouvel univers. Tu accomplis par cet acte un geste artistique, au-delà de la simple consommation. Tu résistes ainsi à tout ce dont nous sommes abreuvés à longueur de journée par ces conglomérats alimentés par des machines car tu écoutes (par la lecture, ô paradoxe) la voix (la voie) d’une conscience (comme la tienne). Tu défends ainsi le chat-rtiste que je suis. Je t’en remercie ici. Pour toi. Pour moi.
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A propos Eschylle

Autant le dire tout de suite, je suis un chat. De surcroît, vous pouvez le constater, je m’exprime dans votre langue. Si j’avais miaulé, vous n’auriez rien compris. Ni même rien entendu puisque nous sommes dans le virtuel. Et l’écriture chat est un secret bien gardé.
J’apparais, sous la forme d’un siamois, à Paris en 1989 (28 06 1989), après avoir parcouru de nombreux plans d’existence. Je m’offre alors un deux-pattes fidèle et attentionné. Les péripéties de la vie me font découvrir qu’il n’est pas pourvu que de qualités, et tarde à écrire sous ma dictée. Je meurs et renais en 2006 (je vous rappelle que je suis un chat, il n’y a là rien que de très normal). Fin 2008, je prends mon deux-pattes en patte et commence à lui dicter mes souvenirs. Début 2011 est publié, sous son nom, mon premier roman, L’Arc de la lune. Les souris sont mon seul vice. Avec le chocolat. Oui, je sais, c'est inhabituel chez un chat. Je serai enchanté de répondre à toutes vos questions, quelles que soient vos origines (marsupiaux, félins, muridés (même les rats, j’adore les rats (surtout accompagnés de petits oignons, ou au naturel) !), ou même deux-pattes…)
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