Un sentiment de danger – L’Eschylliade -1-9-3

Un sentiment de danger

Sentiment de danger - ApprentissageRappel de l'épisode précédentDangerSentiment

Sentiment de danger – Apprentissage

Sentiment de danger suit l’épisode Une inquiétude diffuse. Après avoir parcouru les ruines d’un village dans l’épisode précédent, je ronronne de plaisir à l’idée de te relater, ô toi qui lis ces mots, la poursuite de nos interrogations aux abords d’un puits, et le drame qui toucha ce jour-là notre guide, du fait de la grosse Wulfina. Nous continuions d’apprendre.

Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédant Sentiment de danger, Une inquiétude diffuse, Bélerin avait évoqué les bruits qui couraient sur les ruines que nous traversions, et un lien possible avec l’Empire des Crocs.

Danger

Un danger est Ce qui menace ou compromet la sûreté, l’existence de quelqu’un ou de quelque chose et la situation qui en résulte.(Petit Robert 2013)
Les synonymes sont péril, menace, risque…

Sentiment

Il existe plusieurs définitions que nous allons explorer :
Un sentiment est une Conscience plus ou moins claire, [une] connaissance comportant des éléments affectifs et intuitifs ;
C’est aussi un jugement, [une] opinion qui se fonde sur une appréciation subjective (et non sur un raisonnement logique).
C’est enfin un état affectif complexe, assez stable et durable, lié à des représentations.
(Petit Robert 2013)
Comme tu peux le constater, ô lecteur, un sentiment est quelque chose de parfaitement subjectif et, suivant le point de vue de chaque protagoniste d’une situation donnée, le sentiment ressenti par l’un ou par l’autre sera complètement différent. Si la notion de point de vue t’intéresse, je te conseille l’article que j’ai écrit à ce sujet ou l’illustration, sous forme de trois sonnets, que j’en ai donnée.
Un sentiment de danger est donc une sensation inexplicable, subjective qui peut durer tant que les événements ne lui ont pas donné raison.

9. Questions devant une page blanche – chapitre 9

Dernier épisode du chapitre : Un sentiment de danger

J’étais mal à l’aise. Le sentiment de danger, qui m’avait assailli depuis que nous étions dans ces ruines, ne me quittait plus. Peut-être était-ce ma nouvelle conscience qui me jouait des tours, ou une lutte entre mon ancien moi et le nouveau. Heureusement, mon maître me serrait affectueusement dans ses bras. Là où j’étais, rien ne pouvait m’arriver. Il me gardait sous sa cape, dans un tissu plié comme un hamac.
Il expliqua à Léo qu’une trentaine d’années auparavant, l’Empire Brun n’était pas encore fondé. Il était composé d’un essaim de petits royaumes, duchés, comtés, seigneuries, et il était possible à une forte troupe de traverser plusieurs régions sans que cela paraisse inhabituel. Un ou deux villages rasés en une nuit, cela arrivait fréquemment.
— Mais pourquoi traverser tout l’Empire pour attaquer ce village ? insista Tolga qui n’était peut-être pas aussi bête qu’il en avait l’air.
— Ce qui m’a toujours étonné, c’est qu’ils n’aient pas été repérés par nos guetteurs, songea tout haut mon maître. Tous les passages de la chaîne des Pâles sont surveillés, même en hiver…
— En attendant, si nous pouvions nous mettre à l’abri quelque part, je préférerais, coupa Léo. Je déteste nos silhouettes noires sur tout ce blanc. On peut nous voir à des kilomètres.
— Désolé, mais Cramif va maintenant nous dire où se trouve le repaire qu’il était censé nous montrer, insista Tolga.
Le gobelin se jeta aux pieds du guerrier.
— Pitié, fubliffime fplendeur éblouiffante…
— Arrête avec ça ! siffla Wulfina.
Elle posa son talon sur l’épaule du gobelin et, d’un coup, l’envoya bouler à trois mètres. Le petit gros poussa un hurlement suivi d’un gargouillis. Il se mit à genou, sa seule main valide crispée sur son cou, le corps agité de soubresauts. Il tenta ensuite de se relever. Il griffait l’air autour de lui, de cette main devenue folle qui s’agitait en tous sens. Puis, il s’abattit dans la neige et ne bougea plus. Les compagnons, pétrifiés, assistèrent à la scène. Quand ce fut fini, ils se tournèrent vers la loupine. Elle ouvrit la bouche, agita la tête.
— Je lui ai juste donné une petite bourrade, pour qu’il arrête avec son expression…
— Une petite bourrade qui l’a tué ! accusa Tolga.
Mon maître intervint alors :
— Je ne crois pas que Wulfina soit responsable de sa mort.
Un lourd silence suivit ces paroles. On entendait les cris d’un rapace dans le lointain. Une buée glacée enveloppait nos pensées. Léo s’écarta de notre groupe et se percha sur une petite butte pour mieux surveiller les alentours. Ce fut Romilor qui rompit cette blancheur sans voix.
— Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
— Cramif a été touché par une magie négative. Une malédiction pesait sur lui.
— Pourquoi ne l’as-tu pas dit plus tôt ? Il aurait pu attirer ce malheur sur nous, s’insurgea Tolga.
Mon maître répondit par un sourire et un haussement d’épaule. Nous étions au centre d’un territoire vierge que nous venions de piétiner, laissant un nombre de traces de deux-pattes impressionnant. Une page d’histoire s’écrivait sous mes yeux.
(À suivre)

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Un sentiment de danger est la dernière partie du chapitre 9 de Ne pas se fier aux apparences. Si c’est ta première lecture de mon Eschylliade, ami lecteur, tu cours le risque de ne rien comprendre. Je te conseille de lire le premier chapitre, ce qui, dans la lecture d’un roman (et le récit de ma deuxième vie appartient à ce genre), tu le reconnaîtras sans mal, est la procédure classique.
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A propos Eschylle

Autant le dire tout de suite, je suis un chat. De surcroît, vous pouvez le constater, je m’exprime dans votre langue. Si j’avais miaulé, vous n’auriez rien compris. Ni même rien entendu puisque nous sommes dans le virtuel. Et l’écriture chat est un secret bien gardé.
J’apparais, sous la forme d’un siamois, à Paris en 1989 (28 06 1989), après avoir parcouru de nombreux plans d’existence. Je m’offre alors un deux-pattes fidèle et attentionné. Les péripéties de la vie me font découvrir qu’il n’est pas pourvu que de qualités, et tarde à écrire sous ma dictée. Je meurs et renais en 2006 (je vous rappelle que je suis un chat, il n’y a là rien que de très normal). Fin 2008, je prends mon deux-pattes en patte et commence à lui dicter mes souvenirs. Début 2011 est publié, sous son nom, mon premier roman, L’Arc de la lune. Les souris sont mon seul vice. Avec le chocolat. Oui, je sais, c'est inhabituel chez un chat. Je serai enchanté de répondre à toutes vos questions, quelles que soient vos origines (marsupiaux, félins, muridés (même les rats, j’adore les rats (surtout accompagnés de petits oignons, ou au naturel) !), ou même deux-pattes…)
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