Des Ombres surgies de la neige – L’Eschylliade -1-10-1

Des Ombres surgies de la neige

Des Ombres surgies de la neige - Nouveau chapitreRappel de l'épisode précédent

Des Ombres surgies de la neige – Nouveau chapitre

Des Ombres surgies de la neige suit l’épisode Sentiment de danger. Il est le premier épisode d’un nouveau chapitre : Danse avec la neige dans la gueule du loup. Dans les épisodes précédents, je te faisais part, ô lecteur fidèle, de mon inquiétude diffuse due à notre situation de viande fraîche exposée aux yeux de tous les prédateurs sur un plateau immaculé. Dans celui-ci, les raisons souterraines de cette angoisse vont se révéler.

Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédant Des Ombres surgies de la neige, Sentiment de danger, nous avions vu périr, suite à une légère bourrade de Wulfina, le gobelin Cramif. Bélerin avait protégé la grosse loupine en arguant d’une magie négative qui entourait déjà le petit être verdâtre. Nous étions au centre d’un territoire vierge que nous venions de piétiner, laissant un nombre de traces de deux-pattes impressionnant. Une page d’histoire s’écrivait sous mes yeux.

10. Danse avec la neige dans la gueule du loup – chapitre 10

Premier épisode du chapitre : Des Ombres surgies de la neige

Par chance, il se remit à neiger. Je dis « par chance » car nous nous sentions proches de la gueule du loup sans savoir où étaient les dents.
Mais la neige se mit à tomber. Wulfina éclata de rire, bras levés vers le ciel qui avait blanchi. Elle effectua deux pas de danse, une sorte d’entrechat, si vous me passez l’expression.
Ses membres s’agitaient en cadence. Étonnamment, elle était gracieuse. Les flocons argent voletaient autour d’elle, accompagnaient les ondulations de ses hanches, la rejoignaient ou s’en éloignaient. Peu à peu, elle devenait la neige qui exprimait ainsi sa joie d’atteindre la terre. Elle incarnait la terre-neige vibrant au rythme du vent.
La ouate glacée nous enveloppait d’un calme absolu. J’étais bien au chaud dans le manteau de Bélerin et seule ma tête dépassait. Le bout de mes moustaches se couvrait de perles cristallines. Émerveille, je découvrais ces poussières virevoltantes de la voûte glacée. Un flocon se posa sur le bout de mon museau. Je le contemplai dans son hésitation à fondre ou à rester. Autrefois, j’aurais louché. Désormais, ma vision s’accommodait à toutes les distances. Nous baignions dans le blanc. Le ciel bleu glacé avait fait place à un linceul humide qui nous enveloppait et nous faisait perdre toute notion d’espace ou de temps.
Wulfina continua de danser. Ses gestes se ralentirent au point d’épouser le rythme de la chute des duvets du ciel. Des millions de points blancs tourbillonnaient autour de nous, dans le silence et dans la brume. Un rond noir était inscrit dans le sol. Le puits avalait tous les flocons. La sarabande silencieuse de Wulfina l’entraînait autour de ce disque noir. Les silhouettes des compagnons s’estompaient peu à peu dans la tourmente qui nous enveloppait. La neige nous recouvrait silencieusement, nous faisait disparaître sur fond blanc. Le plus étrange est que nous n’avions pas froid. La danse de Wulfina nous maintenait en harmonie avec les éléments.

Noirs, sombres, sortis du puits l’un après l’autre, cinq gobelins et un humain apparurent. Ils avaient l’air de chercher quelque chose. Nous étions à quelques pas. Ils ne nous voyaient pas. Wulfina leur tourna autour, deux fois de suite, et ils ne se rendirent compte de rien.
Tolga passa soudain à l’attaque. Sa grande épée sortit de son fourreau, fendit quelques flocons et s’abattit sur un premier gobelin. Une flèche se planta dans l’œil d’un autre. Un troisième eut le crâne écrasé par un coup de bâton surgi de la brume. Le quatrième contempla la dague qui était plantée dans sa cage thoracique et il bascula ainsi dans la mort. Le cinquième voulut s’enfuir mais il fut décapité par le deuxième coup porté par Tolga.
L’humain fut soudain très seul.
(À suivre)

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Lire depuis le début ?

Des Ombres surgies de la neige est la première partie du chapitre 10 de Ne pas se fier aux apparences. Si tu commences aujourd’hui à lire le récit de ma deuxième vie, cette Eschylliade, ami lecteur, tu prends le risque de ne rien comprendre. Je te conseille de lire le premier chapitre, ce qui, dans la lecture d’un roman de fantasy (et L’Eschylliade appartient à ce genre), tu le reconnaîtras sans mal, est la procédure classique. Même s’il existe des exceptions.
Tu auras ainsi l’occasion de découvrir, si ce n’est déjà fait, mon portrait de chat-rtiste.

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A propos Eschylle

Autant le dire tout de suite, je suis un chat. De surcroît, vous pouvez le constater, je m’exprime dans votre langue. Si j’avais miaulé, vous n’auriez rien compris. Ni même rien entendu puisque nous sommes dans le virtuel. Et l’écriture chat est un secret bien gardé.
J’apparais, sous la forme d’un siamois, à Paris en 1989 (28 06 1989), après avoir parcouru de nombreux plans d’existence. Je m’offre alors un deux-pattes fidèle et attentionné. Les péripéties de la vie me font découvrir qu’il n’est pas pourvu que de qualités, et tarde à écrire sous ma dictée. Je meurs et renais en 2006 (je vous rappelle que je suis un chat, il n’y a là rien que de très normal). Fin 2008, je prends mon deux-pattes en patte et commence à lui dicter mes souvenirs. Début 2011 est publié, sous son nom, mon premier roman, L’Arc de la lune. Les souris sont mon seul vice. Avec le chocolat. Oui, je sais, c'est inhabituel chez un chat. Je serai enchanté de répondre à toutes vos questions, quelles que soient vos origines (marsupiaux, félins, muridés (même les rats, j’adore les rats (surtout accompagnés de petits oignons, ou au naturel) !), ou même deux-pattes…)
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