Des risques de la magie – L’Eschylliade -1-10-2

Des risques de la magie

Des risques de la magie - Suite du chapitre 10Rappel de l'épisode précédent

Des risques de la magie – Suite du chapitre 10

Des risques de la magie suit l’épisode Des Ombres surgies de la neige. Il est le deuxième épisode du chapitre 10 Danse avec la neige dans la gueule du loup. Dans les précédents épisodes, je te confiais, ami lecteur, mon inquiétude sourde quant à notre situation de viande fraîche exposée aux yeux de tous les prédateurs sur ce plateau immaculé. Dans celui-ci, tout se résout… avec difficulté pour Bélerin.

Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédant Des risques de la magie, Des Ombres surgies de la neige, nous avions vu surgir des ombres du puits autour duquel dansait Wulfina.

10. Danse avec la neige dans la gueule du loup – chapitre 10

Deuxième épisode du chapitre 10 : Des risques de la magie

Bélerin entama la petite chanson que vous connaissez tous. Elle était à peine audible dans la tourmente.
— Amour toujours / Des yeux qui se croisent / C’est un monde qui naît / Tu seras mon ami / Je serai ton ami / La vie l’amour la mort / Le cycle est en nous / Toujours l’amour.
L’homme se mit à chanter lui aussi. Je vis les yeux de mon maître qui se troublaient. Je sentis son esprit qui se tendait, assailli par un coup étrange. Une main agressive saisit son cerveau et serra de plus en plus fort. Une vague de douleur s’insinuait dans ses pensées.
Je n’ai pas réfléchi. J’ai quitté le nid douillet aménagé par mon maître et j’ai bondi au visage de l’homme. Il était à trois mètres. J’ai accompli un saut comme jamais. Mes griffes se sont plantées dans sa chair. Je me suis agrippé à ses oreilles et lui ai labouré les yeux et les joues de mes pattes arrières. Il a essayé de m’arracher mais je tenais bon. Nous nous agitions en tous sens, en une danse amoureuse avec la mort. J’ai senti tout à coup une hésitation, il a encore fait quelques pas et s’est écroulé de tout son long. La poudreuse a amorti ma chute. J’ai roulé. J’ai regardé. Une flèche de Léo dépassait de son ventre.
Mon maître se précipita et me prit dans ses bras. À mon grand plaisir, il me caressa tout le corps et vérifia de ses doigts fébriles que je n’avais pas reçu de blessure.
Le combat avait été rapide, brutal et silencieux. Nous savions désormais où était le repaire de nos ennemis. Le loup était sous nos pieds ; il allait falloir descendre dans sa gueule pour le combattre.
Une question me trottait dans la tête :
— Maître, votre petite chanson devait en faire votre ami, comme avec Cramif. Pourquoi cela n’a-t-il pas marché ?
— Parce qu’il a refusé l’intrusion de mon esprit dans le sien. Il a essayé de me jouer le même tour. Tu l’as interrompu au bon moment. Tu m’as sauvé la vie.
Depuis près de deux jours que je le connaissais, j’appréciais sa politesse et sa délicatesse. Ce qui me toucha le plus, ce fut le vertige que m’inspira sa bonté et son empathie absolue avec mon esprit. Ceux qui n’ont pas connu cette sensation ne peuvent comprendre. Seul celui ou celle qui a été amoureux le peut.

En creusant dans la neige autour du trou noir, nous avons révélé des anneaux disposés tout autour. Des barreaux encastrés dans la pierre s’enfonçaient dans le puits. Romilor préféra descendre par ses propres moyens. Elle déroula une corde qu’elle portait enroulée autour de sa ceinture, l’accrocha à l’un des anneaux et descendit. Léo était penché au-dessus de l’ouverture, une flèche encochée sur son arc, fouillant l’ombre du regard. Mon maître inspectait l’intérieur avec son regard rouge. Je l’appelle ainsi, même si ses yeux sont mauve et violet, car il lui permet de voir dans le spectre que les deux-pattes appellent infra-rouge.

Pour ceux d’entre vous qui n’ont pas suivi les cours d’optique élémentaire, cette vision permet de déceler toute variation de chaleur. Or, tous les corps vivants en produisent . Donc, en regardant dans le noir, Bélerin pouvait déceler la moindre présence vivante. Pour ceux qui ont ce talent, vous pouvez admirer des couleurs sublimes. Un être vivant nous apparaît dans des nuances de mauve avec des yeux souvent d’un or saisissant.
(À suivre)

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Des risques de la magie est la deuxième partie du chapitre 10 de Ne pas se fier aux apparences. Si tu entames aujourd’hui le récit de ma deuxième vie, cette Eschylliade, ô lecteur, tu cours le risque de n’y rien comprendre. Je te suggère de lire le premier chapitre, ce qui, dans la lecture d’un roman de fantasy (et L’Eschylliade appartient à ce genre), tu le reconnaîtras sans mal, est la procédure classique. Même s’il existe des cas particuliers.
Tu auras ainsi l’occasion de découvrir, si ce n’est déjà fait, mon portrait de chat-rtiste.

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A propos Eschylle

Autant le dire tout de suite, je suis un chat. De surcroît, vous pouvez le constater, je m’exprime dans votre langue. Si j’avais miaulé, vous n’auriez rien compris. Ni même rien entendu puisque nous sommes dans le virtuel. Et l’écriture chat est un secret bien gardé.
J’apparais, sous la forme d’un siamois, à Paris en 1989 (28 06 1989), après avoir parcouru de nombreux plans d’existence. Je m’offre alors un deux-pattes fidèle et attentionné. Les péripéties de la vie me font découvrir qu’il n’est pas pourvu que de qualités, et tarde à écrire sous ma dictée. Je meurs et renais en 2006 (je vous rappelle que je suis un chat, il n’y a là rien que de très normal). Fin 2008, je prends mon deux-pattes en patte et commence à lui dicter mes souvenirs. Début 2011 est publié, sous son nom, mon premier roman, L’Arc de la lune. Les souris sont mon seul vice. Avec le chocolat. Oui, je sais, c'est inhabituel chez un chat. Je serai enchanté de répondre à toutes vos questions, quelles que soient vos origines (marsupiaux, félins, muridés (même les rats, j’adore les rats (surtout accompagnés de petits oignons, ou au naturel) !), ou même deux-pattes…)
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