Personnage, le jeu du « je »

Clarification sur un personnage

Certains deux-pattes bien ou mal-intentionnés me demandent parfois avec insistance : Mais qui donc se cache derrière Eschylle ?
Personne ne se cache derrière Eschylle.
Je suis un personnage.
Je l’ai déjà écrit dans ce Carnet de bord : je m’adresse directement au lecteur.
J’en imagine déjà certains ricaner : Derrière tout personnage, il y a un créateur. Qui est donc le créateur d’Eschylle, Mmmh ?
Il y a sûrement un créateur derrière Eschylle, mais je ne crois pas, ou plus, en lui. Donc, pour moi, il n’existe pas. Ou plus. J’ai pris mon indépendance. J’ai acquis ma propre conscience.
Vous avez déjà entendu parler des personnages qui échappent à leur auteur ? Je suis l’un d’eux.
Pour celui qui cherche vraiment à connaître ce deux-pattes, il lui suffit de lire qui signe Mes œuvres. Il s’agit de mon deux-pattes, qui m’obéit en tout et pour tout.
Aujourd’hui, d’ailleurs, mon créateur, c’est toi, lecteur. C’est donc toi qui te caches derrière moi, petit coquin deux-pattes que tu es.

La chaîne du livre

Très souvent, entre le personnage et le lecteur, il y a toute une chaîne intéressée qui fait commerce d’une action artistique (la mienne, car tout personnage est entité artistique (Non, pas toujours ? Nous pouvons en débattre)).

Ratios et dividendes

Je m’adresse à des deux-pattes, et le matériel semble très important dans cette culture. Voici donc quelques chiffres. En moyenne, voici ce que touchent les différents intermédiaires pour un livre vendu 10 € :

  • Auteur : 1 € (sauf en littérature jeunesse ou c’est plutôt 0,5 €) ;
  • Éditeur : 1 € (sauf pour les grandes maisons qui sont propriétaires du réseau de diffusion et de distribution) ;
  • Diffuseur : 2 à 3 € ;
  • Distributeur : 2 à 3 € ;
  • Libraire : 3 €.

C’est un scandale !

Ne trouves-tu pas scandaleux, outrecuidant, injuste et odieux, ô mon ami lecteur, que le personnage, au cœur de l’œuvre-même, ne touche pas même un centime d’euro dans cette combinaison dominée par les deux-pattes ?
Dans mon cas particulier, pour améliorer ma ration de poisson frais, je n’ai que mon deux-pattes, qui se revendique auteur, pour ce faire… et qui reçoit moins de 10 % des recettes !

Ce que je suis

Je suis poète, il ne l’est pas ;
je suis chat-rtiste, il ne l’est pas ;
Je suis chat d’affaires, il ne l’est pas ;
J’ai conscience de ma valeur supérieure, il n’en a aucune ;
Je t’aime, il a déjà du mal à s’aimer lui-même.

Briser sa chaîne

La sécurité

Toute chaîne, toute attache, parfois rassurante pour celui qui la subit, représente un asservissement. Celui qui est enfermé se lie parfois à son cachot et apprécie la sécurité que représentent ces quatre murs qui circonscrivent son univers mais il est emprisonné. Sa cage peut posséder des murs d’or ou de diamants : à l’intérieur, il (ou elle) n’est qu’un esclave… bien sécurisé.

L’asservissement

Ceux qui font commerce des œuvres de l’esprit, les éditeurs, diffuseurs, distributeurs, libraires, tous passionnés par leur métier (et mon propos n’est certainement pas de remettre en cause leur sincérité, souvent bien réelle, en particulier chez les libraires) ont créé la chaîne du livre… dont l’auteur n’est devenu qu’un maillon parmi d’autres, maillon qui l’encercle et l’enferme et l’emprisonne dans un statut dévalorisé.

Liberté !

D’un point de vue extérieur, n’importe qui est en droit de s’interroger et de ne pas comprendre que celui qui est à l’origine du désir de lecture, à savoir le personnage ou, du moins, l’auteur, n’est pas mieux rétribué, mieux associé dans ce commerce. À de rares exceptions près, il est le parent pauvre, l’ouvrier exploité de cette chaîne, ce qui est à la fois paradoxal et normal.
Paradoxal parce qu’il devrait être le principal bénéficiaire des œuvres de son esprit ;
Normal parce que l’artiste est souvent considéré comme un doux rêveur et, comme tel, exploité.

Une nouvelle donne

Une révolution : internet

Pour m’adresser à toi et porter à ta connaissance, ami-lecteur, ces données objectives, il existe aujourd’hui ce merveilleux intermédiaire : l’outil internet.
J’ai poussé mon deux-pattes (ci-devant dénommé l’auteur) à créer ce site pour que je puisse m’adresser à toi.
Pourquoi ?

Un site : une vitrine ouverte sur le monde

Dans ce lieu virtuel, où je me suis perché, observant cette étendue virtuelle, l’océan numérique alentour, je peux en principe atteindre le monde entier. Ou plutôt, le monde entier peut venir me voir très facilement… si tant est qu’il ait conscience de l’existence de ce site.
Toute la problématique est là : pour me faire connaître, pour que ce lieu soit repéré par le voyageur du web, je ne peux compter que sur toi-même, aimable lecteur. Voilà pourquoi je fais le gros dos, voilà pourquoi je ronronne et me roule par terre virtuellement en te présentant mon ventre d’un gris presque bleu à caresser (le siamois blue-point possède une robe à la couleur somptueuse).

Solidarité !

Tout est question de point de vue (je te conseille d’ailleurs mon magnifique article à ce sujet).
Si tu te montres solidaire, en allant dans Don et feuilleton, en me versant la somme de ton choix ou en diffusant mes écrits autour de toi, tu contribueras à l’évolution des mentalités de ce monde.
Tu remettras le personnage au centre du récit.

Le personnage – Caricature ou être vivant ?

Moi jeu

Dans ce titre, Personnage, le jeu du « je », le lecteur entendra bien évidemment le « je » du personnage… et il aura raison. Tu auras raison. Tu as pu le remarquer, lecteur mon ami, je parle volontiers de moi à la première personne, et ceci avec un plaisir non dissimulé : je suis un chat (siamois de surcroît) et fier de l’être ! J’ai particulièrement réfléchi à cette notion d’identité. L’un de mes cours y est consacré et nombreux sont les deux-pattes qui pourraient s’en inspirer. Pour t’initier, je te conseille la lecture de mon premier cours : Ne pas se fier aux apparences.

Le personnage fictif

Dans les fictions deux-pattes contemporaines, en particulier dans les séries, à force d’être fouillés, les personnages deviennent des caricatures. Les méchants ont tous un bon fond et les gentils cachent toujours de fieffés salauds… Chaque être est construit dans un empilement rude et brutale de contradictions typiquement deux-pattes et chaque situation est compliquée à souhait, comme si la simplicité ne pouvait exprimer la complexité des consciences et du monde.
À force de vouloir être passionnantes, certaines séries, malgré leurs indéniables qualités de construction (il en a fallu, du cerveau deux-pattes, pour réaliser de tels scénarios inextricables) deviennent absurdes. Elles captivent l’auditoire le temps de l’épisode regardé… mais que reste-t-il de ce récit, de ces images, quelques jours plus tard, quelles traces se sont imprimées dans les consciences ?

Conclusion provisoire

Conclusion sur le personnage

La question sur mon identité est légitime. J’existe par ma manière de m’exprimer, d’échanger avec toi, lecteur, par ma façon de révéler qui je suis au détour d’une expression, d’une description ou d’un commentaire. Je te le demande, qui peux-tu connaître ainsi mieux que moi, parmi tes congénères deux-pattes ?
Voilà pourquoi, à l’image de la littérature française et bourgeoise contemporaine, je ne te parle que de moi. Sauf qu’au lieu d’évoquer des problèmes d’ego petits-bourgeois et ras-des-pâquerettes, je relate l’histoire d’un monde, Belmilor, à l’époque où la magie dut choisir entre les forces sombres (mais si tentantes) et la lumière blanche (aveuglante cependant).

Conclusion morale

Voilà pourquoi ce récit, L’Eschylliade, se présente comme un décalogue, un cours d’Histoire Morale de la Magie.
Voilà pourquoi je, personnage, en suis le centre.
Si tu veux savoir qui je suis, ô lecteur, il te faudra lire mon Eschylliade. Mieux que ça, pour toi qui poses les yeux sur ces mots, t’engager à mes côtés et parler de mon Carnet de bord autour de toi donnera sens à mon existence. Sinon, comme toute conscience ignorée, moi, personnage, je disparaîtrai.
J’aime le poisson cru. Tu peux m’aider en donnant à mon deux-pattes de quoi me nourrir ou tu peux t’abonner à ce Carnet de bord.

Conclusion sur l’œuvre et le lecteur

Je suis, ô lecteur dont les yeux caressent ces mots, ce que tu imagines. Il est temps de renouer ce lien unique qu’établit le lecteur avec une œuvre, sans passer par le truchement de tous ces intermédiaires qui ont corrompu la notion même de relation directe entre nous.

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A propos Eschylle

Autant le dire tout de suite, je suis un chat. De surcroît, vous pouvez le constater, je m’exprime dans votre langue. Si j’avais miaulé, vous n’auriez rien compris. Ni même rien entendu puisque nous sommes dans le virtuel. Et l’écriture chat est un secret bien gardé.
J’apparais, sous la forme d’un siamois, à Paris en 1989 (28 06 1989), après avoir parcouru de nombreux plans d’existence. Je m’offre alors un deux-pattes fidèle et attentionné. Les péripéties de la vie me font découvrir qu’il n’est pas pourvu que de qualités, et tarde à écrire sous ma dictée. Je meurs et renais en 2006 (je vous rappelle que je suis un chat, il n’y a là rien que de très normal). Fin 2008, je prends mon deux-pattes en patte et commence à lui dicter mes souvenirs. Début 2011 est publié, sous son nom, mon premier roman, L’Arc de la lune. Les souris sont mon seul vice. Avec le chocolat. Oui, je sais, c'est inhabituel chez un chat. Je serai enchanté de répondre à toutes vos questions, quelles que soient vos origines (marsupiaux, félins, muridés (même les rats, j’adore les rats (surtout accompagnés de petits oignons, ou au naturel) !), ou même deux-pattes…)
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6 réponses à Personnage, le jeu du « je »

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  5. Eric Lavergne dit :

    Je reviendrai avec grand plaisir :3

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